A Rueil-Malmaison, la contestation contre l’écoquartier prend de l’ampleur


Les habitants montrent les muscles. Près de trois cents personnes se sont rassemblées mardi 8 novembre, à la salle l’Atrium, à l’occasion de la réunion publique organisée par l’Association « Rueil Arsenal Grand Paris ». « On n’en espérait pas autant », se réjouit Mireille Hémon, membre de l’association qui accueille les habitants à l’entrée. Avant la réunion, l’association comptait 63 adhérents. A la fin de la réunion, elle en avait 98.

L’objet de leur contestation : le projet de l’écoquartier de l’Arsenal, lancé il y a deux ans par la mairie et qui prévoit l’arrivée de 7 000 habitants, à proximité de la nouvelle station de métro sur l’ancien site de l’Otan et de Renault. Selon eux, la mairie ne laisse pas la place à la concertation. « Les gens sont inquiets, souligne Soumaya Brousse, présidente de l’association créée en juin dernier. Nous n’avons aucune information, il n’y a que des rumeurs qui circulent alors que nous sommes les premiers concernés ! »

« Nous sommes très soucieux de l’avis des habitants »

Pourtant, vingt réunions, ateliers ou balades urbaines ont été organisées par la mairie ces deux dernières années. « Vous connaissez une commune qui en fait autant ? Nous sommes très soucieux de l’avis des habitants » se défend le maire (LR) Patrick Ollier. Monique Bouteille, adjointe en charge de l’urbanisme et présente à la réunion, enfonce le clou : « personne présent à cette réunion publique n’était là lors de nos réunions d’information. Tant pis pour eux, c’est dommage ! ».

Mais les riverains n’en démordent pas. « Ce n’était pas de la concertation, on ne pouvait poser aucune question, râle Denis Plain, architecte à la retraite et vice-président de l’association. Nous voulons voir des plans ! ». Pour peser sur le projet, l’association a demandé à plusieurs reprises à rencontrer le maire en personne. Sans succès. « Je ne recevrai personne tant qu’aucun projet ne sera arrêté, cela n’a pas de sens, se justifie l’édile. Lorsque nous l’aurons présenté, ma porte sera grande ouverte et ils seront évidemment les bienvenus ».

Le fameux projet sera présenté à la population lors du réunion publique le 29 novembre prochain. « Nous n’aurons plus notre mot à dire ! La mairie va nous l’imposer » regrette Soumaya Brousse. Et les riverains ne comptent pas baisser les armes si facilement. « Ce n’est pas dans notre état d’esprit, mais s’il le faut, nous irons sur le plan juridique », assure Denis Plain. Le bras de fer ne fait que commencer.

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